Professionnels et élus s’opposent au transfert du SAMU 89 à Dijon

L’ARS Bourgogne Franche-Comté prévoit le transfert du centre d’appels d’urgences de l’Yonne vers Dijon. Un projet qui déplait fortement à des professionnels de santé icaunais ainsi qu’aux élus.

Dès 2017, l’ARS (Agence Régionale de Santé) de Bourgogne Franche-Comté prévoyait une refonte de l’offre de soins dans le cadre du Projet Régional de Santé (PRS) 2018-2022 arrêté en juillet. Un projet censé répondre à un certain nombre de problématiques liées à la santé dont le vieillissement de la population, la démographie des professionnels de santé ou encore l’accès aux soins urgents.

Estimant que certains centres de réception et de régulation des appels enregistrent une faible activité, l’ARS a intégré dans son projet une réorganisation de ces structures de manière à « améliorer la qualité de la régulation médicale des appels et libérer du temps médical dans les territoires qui en manquent le plus au profit des services d’urgence et des SMUR ». Parmi ces centres d’appels d’urgences, on compte le SAMU de Nevers, transféré au CHU de Dijon en octobre 2018 et celui de l’Yonne, en passe de le rejoindre.

Oscar Pinto, ambulancier sénonais, a décidé de monter au créneau en lançant une page Facebook ainsi qu’une pétition en juin 2020 à l’attention d’Olivier Véran, Ministre des Solidarités et de la Santé, afin de s’opposer à cette mesure. Pour lui, régionaliser les centres d’appels réduirait considérablement la capacité de réponse par manque de connaissance du terrain et fragiliserait le secteur de la santé du département de l’Yonne. Une initiative qui a, pour le moment, récolté plus de 2.200 signatures.

Le professionnel dénonce, en outre, un manque de considération envers les soignants mobilisés pendant la crise sanitaire, rappelant aussi que « le SAMU d’Auxerre a été classé parmi les meilleurs de France par le Point en 2018 ». Argument de taille mis en avant dans une lettre co-signée par huit élus icaunais le 13 octobre 2017, adressée à la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, et initiée par Guillaume Larrivé, député de la 1ère circonscription de l’Yonne.

Huit élus icaunais s’étaient effectivement fermement opposés « à toute évolution qui, au prétexte de régionaliser, consisterait en réalité à déposséder Auxerre et le département de l’Yonne des leviers indispensables à un système de soins de qualité ». Et d’ajouter : « Nous tenons au maintien du « 15 » et de l’hélicoptère au CHA d’Auxerre ».

Marie-Louise Fort, maire de Sens et présidente de la CAGS, qui comptait parmi les signataires de cette lettre, a réaffirmé le 27 octobre 2020 son hostilité envers cette « décision incompréhensible » vu l’atout majeur que représente « ce service en pointe dans la régulation médicale » pour le département et au regard du contexte sanitaire actuel.

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