SRAS CoV-2 : Où en est la recherche de vaccin ?

Quid de la chloroquine ?

L’éminent infectiologue Didier Raoult n’a pas cessé d’être la cible de détracteurs au sein de la communauté scientifique ou d’endosser le rôle du savant fou dans les médias alors que sa côte de popularité grimpait auprès de la population et des politiques. Les scientifiques de l’Institut pasteur et de l’OMS doutaient encore du bien-fondé de son protocole fin mars, estimant que les études portaient sur trop peu de patients et évoquant les nombreux échecs des essais cliniques.
Pourtant l’Institut Pasteur fait aujourd’hui volte-face et vient même d’obtenir l’autorisation de lancer une étude clinique afin de tester une stratégie dite de « chimioprophylaxie » à base d’hydroxychloroquine, l’un des deux médicaments retenus. Ce procédé est déjà utilisé à l’heure actuelle en prévention du paludisme.

L’idée n’était donc pas si saugrenue…

Bientôt un vaccin ?

Autant le dire, c’est la course au vaccin. Plusieurs centres de recherche mettent du coeur à l’ouvrage dont l’Institut Pasteur de Paris et son réseau international de 32 instituts.
Un premier projet de vaccin repose sur l’utilisation du vaccin de la rougeole comme vecteur d’un nouveau candidat vaccin contre le SARS-CoV-2.

Le second projet repose sur l’utilisation de vecteurs vaccinaux lentiviraux, dérivés de virus humains comme le VIH mais rendus inoffensifs.

Le troisième projet consiste en une vaccination par injection d’ADN qui entraîne une réponse immunologique protectrice, par exemple par la production d’anticorps contre l’antigène.

Vaccin BCG : des expérimentations sont en cours

L’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) nous informe que l’utilisation du vaccin BCG contre d’autres infections respiratoires a été concluante par le passé et pourrait être un atout contre le Covid-19, notamment pour les personnels soignants en contact avec les malades.

Les scientifiques ont observé une certaine corrélation entre le taux de vaccination au BCG et le taux de mortalité face aux Covid-19.

Des essais cliniques visant à tester l’efficacité du vaccin BCG contre le Covid-19 sont en cours ou sur le point d’être lancés en Europe, entre autres.

Les dons de plasma pourraient guérir

L’essai clinique Coviplasm est un projet porté par les Hôpitaux de Paris avec le soutien de l’Inserm et l’Établissement Français du Sang (EFS), unique collecteur de sang en France.

Cet essai clinique consiste en la transfusion de plasma de patients guéris du Covid-19 contenant des anticorps dirigés contre le virus. Ce procédé permettrait ainsi de transférer cette immunité à un patient souffrant du Covid-19.

Les prélèvements ciblés par l’EFS ont débuté hier dans trois régions (Ile-de-France, Grand Est, Bourgogne-Franche-Comté) auprès de premiers malades français guéris du Covid-19, soit 600 ml de plasma prélevés chez près de 200 patients guéris.

Une première évaluation pourra être rendue deux à trois semaines après le début de l’essai clinique.

1 essai clinique et 4 traitements expérimentaux

L’essai clinique nommé « Discovery » et coordonné par l’Inserm dans le cadre du consortium Reacting a débuté le 22 mars et a pour vocation de tester quatre traitements expérimentaux contre le Covid-19.

Les scientifiques baseront leurs travaux sur des données portant sur les coronavirus SARS et MERS ainsi que sur le SARS-COV2 émanant de la Chine.

Cet essai inclut au moins 800 patients français atteints de formes sévères du COVID-19. Seront inclus ensuite 3200 patients européens incluant la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg, le Royaume uni, l’Allemagne et l’Espagne, et peut être d’autres pays.

L’essai clinique « Discovery » est piloté par Florence Ader, infectiologue dans le service des maladies infectieuses et tropicales à l’hôpital de la Croix-Rousse au CHU de Lyon et chercheuse au Centre international de recherche en infectiologie CIRI.

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