Lutte contre les violences conjugales : l’ADAVIRS met les bouchées doubles

De gauche à droite : Franck Chaufournais, adhérent E. Leclerc Saint-Denis-lès-Sens, Alice Ducard, bénévole France Victimes 89/ADAVRIS, Aurélie Cameau, dessinatrice et partenaire de l'évènement, Alexandre Bouchier, maire de Saint-Denis-lès-Sens, Jean-Luc Dinet, Médecin SOS Médecin, M. Genty, bénévole à France Victimes 89/ADAVIRS, Pierre Monnoir, président de l'ADAVIRS, Marie-Laure Bouard-Devaux, directrice de l'ADAVIRS et Catherine Maudet, conseillère départementale.

Réorganisation interne, mise en place de mesures dans le cadre du Grenelle, l’ADAVIRS souhaite aujourd’hui améliorer la prise en charge des victimes dont les femmes qui subissent des violences conjugales. Cette semaine, l’association partait à la rencontre du public dans les hypermarchés E. Leclerc de l’Yonne.

En France, plus de 100 femmes meurent chaque année sous les coups de leur conjoint, 89 en 2020 contre 149 en 2019. Une lueur d’espoir pour Marie-Laure Bouard, directrice de l’ADAVIRS. Mais pour elle, « 89 c’est encore trop ! ». L’objectif est de répondre encore mieux à la détresse des victimes de violences conjugales avant le point de non retour.

L’ADAVIRS, une association icaunaise en pleine mutation

Depuis un an, l’ADAVIRS est modifiée en profondeur notamment parce que « des victimes passaient au travers des mailles du filet » explique brièvement son président Pierre Monnoir. « On a revu complètement les process intérieurs, organisation, administration, etc. » La structure a également été scindée en deux pôles : la partie « victimes » qui devient France Victimes 89 et la partie délégué du procureur qui gère les auteurs des faits. Ces changements résultent aussi de la nécessité de faire écho au Grenelle de lutte contre les violences conjugales instauré par le gouvernement fin 2019.

Depuis le début de l’année, l’association multiplie les partenariats, avec la Préfecture de l’Yonne, au sein de sa nouvelle cellule de suivi du Grenelle, ou encore avec la CAF, SOS Médecins, avec les pompiers, qu’elle forme à la détection de cas de violences intrafamiliales.

Elle compte désormais près de 10 salariés et 30 bénévoles. Une cellule d’accompagnement psychologique d’urgence composée de psychologues, infirmier psychologues et pédopsychiatres est venue renforcer, à titre gratuit, l’accompagnement des 1.200 victimes reçues chaque année, soit 2.000 entretiens.

La nécessité de renforcer la communication auprès de la population

Ce désir accru de communication s’est notamment traduit par l’installation de stands dans les hypermarchés E. Leclerc du département de l’Yonne, des lieux insolites pour des PAE (points d’accueil et d’écoute) qui ne font pas l’unanimité parmi les associations d’aide aux victimes. Mais pour Marie-Laure Bouard, « on rentre dans le quotidien de la victime. C’est donc beaucoup plus facile de communiquer sur l’existence de l’association ».

Dès le premier confinement en mars, l’association avait créé un partenariat solide avec Franck Chaufournais, directeur de E. Leclerc à Saint-Denis-lès-Sens. Hier, son stand trônait de nouveau en milieu d’allée, face aux caisses, une place de choix octroyée par le dirigeant.

« Cet accueil éphémère nous a permis d’être à un endroit inattendu »

Marie-Laure Bouard, directrice de l’ADAVIRS et juriste

Le stand de l’ADAVIRS exposait les dessins de femmes de l’artiste Aurélie Cameau, proposait divers produits comme des stylos qui portent le numéro de téléphone de l’association, de type classique ou en forme de rouge-à-lèvre pour plus de discrétion, et surtout, des dépliants à visée informative.

L’opération de communication s’est avérée plus positive que prévu puisque « des victimes se sont présentées à nous pour dénoncer des violences, ou sont venues récupérer des dépliants » précise Marie-Laure Bouard. Un premier contact plus simple et moins impressionnant que de se déplacer dans un commissariat. De plus, ce type d’emplacements permet de sensibiliser plus globalement la population. Car après tout, les violences conjugales sont l’affaire de tous estime la directrice.

Stand de l’ADAVIRS, E. Leclerc Saint-Denis-lès-Sens, le 28 novembre 2020

« Il y a une petite année maintenant, j’avais été contacté par la mairie de Sens et l’ADAVIRS pour participer à une soirée qui m’a touchée au plus profond de moi »

Franck Chaufournais, directeur du E. Leclerc de Saint-Denis-lès-Sens

Franck Chaufournais dit avoir pris conscience du phénomène à l’occasion de la lecture de témoignages « Paroles d’hommes sur blessures de femmes », organisée en novembre 2019 par le Conseil Intercommunal de Sécurité et de Prévention de la Délinquance du Grand Sénonais. Depuis, il souhaite aider au mieux l’association à son niveau. « J’essaie de donner un coup de mains à l’ADAVIRS pour faire connaitre ce combat » ajoute-t-il.

Les plus jeunes expriment leur souffrance et/ou leur soutien en images

Johan, 13 ans, traverse l’un des pires moments de sa vie. Victime de harcèlement scolaire, il est actuellement en dépression grave. Mais son calvaire ne le rend pas moins altruiste. Il se préoccupe beaucoup des autres.

Afin d’exprimer tout son soutien aux jeunes filles dans le même cas que lui, qui subissent une violence psychologique encore plus inouïe, l’adolescent avait transmis un dessin à l’ADAVIRS qui s’est fait un plaisir de l’exposer.

Jeune fille en souffrance dessinée par Johan
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