Les gilets jaunes de retour sur le rond-point Rosa Parks

Après deux longs mois de confinement, les Gilets jaunes ont lancé un appel à manifester samedi 16 mai, premier week-end de déconfinement.

Le mouvement n’a pas hésité à défier l’interdiction de rassemblement de plus de dix personnes, instaurée en raison de la menace du Covid-19 qui pèse encore sur la population. L’un des représentants du mouvement parisien, Jérôme Rodrigues, estime qu’il n’y a pas plus de risques à manifester qu’à se regrouper. Le militant considère que cette inter-diction de manifester est définie par « des lois liberticides » et qu’elle est une entrave à la liberté d’expression.

Les Gilets jaunes sénonais sont toujours actifs

A Sens, une cinquantaine de gilets jaunes s’est réunie sur le rond-point Rosa Parks. Au total, une centaine de militants est passée dans la journée ne serait-ce que pour soutenir leurs camarades. Munis de pancartes revendicatives, les Sénonais et des Joviniens se sont mobilisés pour défendre les acquis sociaux des Français qu’ils estiment « spoliés » par les diverses réformes mise en place par gouvernements successifs ; « dans le respect des règles de distanciation sociale » tient à souligner Philippe Czerwinski, membre du mouvement de Sens.

Les Gilets jaunes appelaient aussi à la construction d’une nouvelle « société solidaire, écologique, démocratique » ; l’épidémie de Covid-19 ayant révélé les failles du modèle socio-économique actuel.

Vers 14h, le mouvement a reçu la visite des forces de l’ordre qui ont pris des plaques d’immatriculation en photo et filmé la manifestation. Elles avaient aussi menacé d’appeler des renforts. Ce qu’elles n’ont pas fait finalement. Selon Philippe Czerwinski, les forces de l’ordre de Sens sont plus calmes et respectueuses qu’à Paris mais leurs interventions sont plus insidieuses. Malgré tout, la motivation des manifestants ne dépérit pas. Il se sont simplement dispersés en petits groupes d’une dizaine de personnes comme l’exige l’une des consignes de cette première phase de déconfinement.

Le mouvement de Sens en pleine mutation

Les Gilets jaunes ont souvent eu mauvaise presse en dépit d’un grand nombre de sympathisants parmi lesquels on compte encore les routiers. Philippe Czerwinski assure qu’à Sens, l’heure est au ménage de printemps. Mal embouchés, pique-assiettes, bagarreurs et soûlards ne sont désormais plus les bienvenus sur le rond-point.

L’effectif a baissé quelque peu depuis le début mais selon lui, de nouvelles têtes apparaissent régulièrement dans ce paysage militant qui va bientôt fêter ses deux ans d’existence. D’autres manifestants ont pris leurs distances avec le groupe de Rosa Parks en raison de divergences de points de vue, et mènent parfois des actions indépendantes.

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