Le ‘Rhythm and Poetry’ du rappeur sénonais Clmnt

Clément, alias Clmnt, baigne dans l’univers du hip-hop depuis son plus jeune âge. De sa chambre au studio pro, Clément espère bien vivre de sa passion un jour.

L’expression ‘Rythm and Poetry’, rythme et poésie en Français, peut résonner comme une œuvre de Beaudelaire dans l’esprit de certains. Elle est pourtant si familière au quotidien sous le nom plus générique de ‘rap’, son acronyme. Un peu à contre-courant, c’est dans cette ambiance que Clément s’immerge, aux sources du hip-hop à la fois divertissant, engagé et emprunt de poésie.

« De plus en plus, les générations changent. Ca devient n’importe quoi. Comme des mecs qui sifflent des filles quand elles passent dans la rue. Encore cet été je me suis fait agresser en vacances, pour de l’argent. »

Originaire de Fontaine-la-Gaillarde, ce jeune rappeur de 22 ans n’adhère pas spécialement à un rap qui prône la haine et la violence. Une tendance qui fait généralement écho à l’état d’esprit de beaucoup parmi les nouvelles générations. Il s’indigne même contre une montée de cette violence, verbale et/ou physique, et plus particulièrement les violences faites aux femmes.

« Après le football, il n’y a que le rap. »

Titulaire d’un bac professionnel en bâtiment, médaillé d’argent au concours Un des meilleurs apprentis de France, Clément a de multiples talents. Mais il rêvait néanmoins de devenir footballeur professionnel. Après une blessure à la cheville, il s’est tourné vers sa seconde passion : le rap. Une activité dans laquelle il s’investit pleinement aujourd’hui entre autres par quelques prestations scéniques, notamment la fête de la musique de Sens à l’Emeraude Lounge.

Mais surtout il multiplie les collaborations. Car pour lui, c’est évident, pour réussir, quelque soit le domaine, « il faut s’en donner les moyens ». Clément sait s’entourer, d’amis, de professionnels comme Clippeur, spécialiste de la réalisation de clips, ou encore un créateur de beats russe qui l’avait découvert sur Youtube.

Pour l’instant, ses titres sont accompagnés par des beats qu’il achète en ligne. Cependant, il aimerait agrémenter ses morceaux de véritables instruments pour faire passer plus d’émotions, notamment « pour accentuer le côté mélancolique d’un son, Ici » sur le thème de la guerre.

Volts Face, Clément, Anthony, Bob et Hayce Lemsi

Clément a même eu récemment l’occasion de rencontrer son idole, le rappeur franco-algérien Hayce Lemsi, dont il avait loué le studio Lumière situé à Levallois-Perret.

Ambiance conviviale et conseils avisés étaient au rendez-vous. Clément et Bob ont consacré six heures de travail à l’enregistrement de certains morceaux qui apparaitront dans son prochain album.

Un peu perfectionniste, Clément cherche toujours à s’améliorer, à apprendre de ses erreurs et des autres. « Pour les gimmicks, il est rentré dans la cabine avec moi et il m’a montré le chemin à suivre, pour que ça sonne bien à l’oreille. C’est vrai que c’est un truc que je ne maitrisais pas spécialement ». Il ressort de cette expérience enrichi à la fois musicalement et humainement.

Le rappeur prépare effectivement un album de 13 titres intitulé 13, son jour de naissance et un hommage à sa grand-mère décédée il y a 3 ans et dont c’était le nombre porte-bonheur.

La sortie de cet opus entièrement autoproduit est prévue en 2021. L’un des titres, Vittel, sera enregistré en featuring avec son pote Bob. Un autre morceau, Lya, témoigne de la gentillesse et de l’altruisme du rappeur. Il est dédié à une petite fille atteinte d’une maladie grave et hospitalisée depuis 3 ans.


Séance studio de Clmnt avec Hayce Lemsi à Levallois-Perret

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