Le confinement a-t-il perturbé la jeunesse ?

L’institut de sondages Opinion Way a réalisé une étude en partenariat avec l’assurance santé Heyme et le journal 20 Minutes. Ce sondage, réalisé du 30 avril au 4 mai 2020 et nommé « Moi-Jeune, Confiné et Demain ? », s’intéressait au regard que 549 personnes âgées de 18 ans à 30 ans portent sur la crise sanitaire due à l’épidémie de SRAS CoV-2.

Les résultats de ce sondage révèlent que les 18-30 ans n’ont pas bien vécu cette crise sanitaire. Ce n’est pas tant vis à vis de la menace du virus car la plupart n’est pas effrayée outre mesure par cette l’épidémie. Ils semblent davantage s’inquiéter pour leurs proches (69%).

Le problème résiderait plutôt dans les conditions de vie imposées par le confinement lui-même. L’exiguïté des logements, l’absence de loisirs, la fermeture des commerces, des mesures restrictives, notamment de déplacement, une surveillance accrue et parfois une baisse du niveau de vie ont eu raison du moral de près de la moitié d’entre eux. Un désagrément parfois couplé à une prise de poids (31%) qui fait enfler ce mal-être.

Malgré tout, les jeunes interrogés n’y voient pas forcément une fatalité, du moins pour eux-mêmes. Beaucoup ont remis leur vie en perspective pendant le confine-ment, envisageant des changements à titre personnel. Cette période les a fait réfléchir, a priori, voire mûrir selon 52% d’entre eux.

En revanche, beaucoup dépeignent un « après-crise » relativement sombre pour la société française en général, avec plus de défiance vis-à-vis des institutions (86%), un fort maintien de l’ordre (76%), plus d’inégalités sociales (76%). Selon 70% des personnes sondées, on peut même prévoir l’oubli progressif de ceux que l’on nomme « les invisibles » (jeunes et personnes âgées en situation très précaire, etc.).

Cette vision d’ensemble semble marquer au fer rouge les erreurs commises par le gouvernement pendant mais aussi avant cette crise sanitaire et dont la société aura peut-être du mal à se relever.

Selon plus de 50% des sondés, à la sortie de cette crise, les dirigeants devront traiter en priorité les questions d’ordre environnemental et économique. Près d’une personne interrogée sur deux juge nécessaire de privilégier le « made in France » en relocalisant la production des produits essentiels dans l’hexagone. Sans doute en cause, notamment, les fortes lacunes de la mondialisation révélées par cette crise.

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