Interview : Sandra Cachon offre de l’optimisme aux solopreneurs de l’Yonne

J’ai mis beaucoup d’énergie, beaucoup de cœur. J’ai fait de belle rencontres.

Depuis début 2020, l’experte en coaching, sophrologie et rigologie Sandra Cachon met sa bonne humeur et ses compétences à disposition des membres de son groupe, les Entrepreneurs Optimistes de l’Yonne« le Sénonais est bien représenté ». A travers ses vidéos, notamment la rubrique Why, la dirigeante nous propose une vision plus humaine, moins institutionnelle, des entrepreneurs.

Pour quelle(s) raison(s) avez-vous créé ce groupe ?

C’était au début de l’année dernière, bien avant le confinement et la crise sanitaire. J’ai eu envie de créer la page des Entrepreneurs Optimistes de l’Yonne. Pourquoi ? Parce que j’étais moi-même dans le développement de mon activité pour aider les entrepreneurs avec des Masterminds, des groupes d’intelligence collectives. Les entrepreneurs sont autour d’une table et on leur permet d’évoquer leurs questionnements, leurs difficultés, etc. Chacun se met au service de l’autre dans sa réflexion.

En fait, je ne trouvais pas forcément mon compte dans les réseaux existants parce que mes Masterminds correspondaient vraiment à des solopreneurs, des gens qui ne sont pas dans des problématiques de management, qui sont obligés de tout faire par eux-mêmes : des micro-entreprises, des artisans, des EURL, ou des gens qui ont juste un employé etc.

Qu’est-ce que la rubrique Why ?

Mon idée était de mettre sur cette page des ressources, des outils… créer un peu de communauté. Est arrivé le confinement. Vu que j’étais dans cette logique, il y a eu un jour, ça a été assez fulgurant, j’ai eu envie de questionner le « pourquoi » de ces entrepreneurs parce que c’est une question qui est super riche et que, parfois, les gens ne se sont pas vraiment posés à fond. Le « pourquoi », c’est vraiment de l’ordre de la finalité, du rêve…

La visio, ce n’était pas encore dans les pratiques complètement. C’est un projet modeste mais en fait, ça a très bien rayonné. Il y a en a qui ont vraiment suivi toutes les vidéos, qui ont aimé découvrir les entrepreneurs juste à côté de chez eux. C’était aussi montrer un peu plus l’intimité de l’entrepreneur, la réalité, ce qui les a motivé. Il y a quelque chose de viscéral derrière, parfois de l’ordre de la mission de vie, de la passion, qui prend racine dans la petite enfance, des rêves qui se sont réalisés.

Pendant le confinement, j’avais aussi lancé Le réveil positif de l’entrepreneur (le lundi matin en visioconférence ndlr). On ne savait pas où on allait à l’époque. Et je me suis dit qu’il fallait garder le rythme, que oui, on était confiné mais qu’il ne fallait pas trop s’isoler non plus et que, peut-être, c’était bien, niveau « hygiène », de se lever tous les matins plutôt que de rester en pyjama à pleurer et voir son entreprise couler. C’est se dire : aller, on se lève, on s’habille, on se place devant la caméra et on va partager nos émotions, notre colère, notre tristesse, nos joies… et s’entraider.

Dans quelle mesure avez-vous été touchée par cette crise sanitaire ?

J’ai été touchée de plein fouet parce que mon lieu de travail, que je partage avec d’autres… tout a été annulé en termes d’accueil. Donc moi, j’ai passé mon année à payer mon loyer comme je pouvais. Le peu de ressources que j’ai pu développer allaient sur mes charges. Donc il faut garder la tête hors de l’eau.

J’ai eu beaucoup de rendez-vous et de groupes annulés, des choses qui ne se sont pas forcément reportées. Il y a eu un manque à gagner. Je fais du coaching, mais pas que. Je fais également de la formation et plein de choses ont été annulées à travers la France, et quelques clients aussi avec lesquels ça a stoppé la relation.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de mettre en ligne un bêtisier ?

En fait, quand j’ai fait les vidéos, il y a eu quelques moments vraiment croustillants, de fous rires, de loupés. Il y a eu un moment en fait où j’ai oublié d’enregistrer l’interview. Du coup, quand je me suis rendue compte, c’était une catastrophe parce qu’on venait de vivre un super moment. Il fallait tout recommencer ! Et là, on est parti en fou rire, je n’y croyais pas ! Ca, forcément, je les ai gardés précieusement. Au fil des 89 interviews, je me suis dit : je vais en faire quelque chose à la fin.

En fait, je suis très branchée par le rire puisque je suis aussi rigologue depuis 12 ans. J’ai été formée à cette pratique autour du rire. J’ai une association, l’association Nicole Leuret. J’ai fait beaucoup dans ce sens-là, un club de rire, beaucoup d’activités autour de séances de rigologie en entreprise, en EHPAD, en prison, partout. Là avec le Covid, ça a tout cassé. Rire avec un masque c’est juste impossible.

En tant que coach, je suis toujours aussi imprégnée de toutes ces techniques et de cette approche. Je sais combien c’est important de rire ensemble parce que c’est profondément humain et social.

Comment se passe une séance de rigologie ?

Alors, ce n’est pas porté sur l’humour. L’humour, c’est quelque chose de très mental. Il y a un comique de situation, un truc qui fait qu’on va rire, qu’on le provoque ou pas. Et l’humour aussi c’est souvent associé à des mécanismes de défense.

En rigologie, on passe par le corps, par de la détente. Ca va être des respirations, de la danse, de l’ancrage. On va accéder plus facilement aux émotions. En l’occurrence, on va se branche sur l’émotion de la joie. Mais ce n’est pas toujours la joie qu’on trouve. Il y a aussi pas mal de pleurs dans une séance de rire. Une fois qu’on touche à l’émotion, si on se réunit pour rire entre adultes consentants, il y a de fortes chances que ça rit parce que tout va être prétexte.

La rigologie est basée sur le yoga du rire qui a été inventé par un médecin indien, le docteur Madan Kataria. La rigologie est plus vaste parce qu’on passe par de la sophrologie, plein de jeux, tout ce qui est support et prétexte à favoriser la détente.

Pensez-vous que votre initiative peut représenter une étape importante pour un entrepreneur ?

Oui. Il y en a qui ont été plusieurs nuits sans dormir, que ça a travaillé en profondeur. L’un d’eux a même changé le nom de son entreprise. Il y a eu des prises de conscience, des choses assez fortes, de beaux cadeaux en fait. Et puis se présenter comme ça, c’était oser faire quelque chose d’imparfait, quelque chose qui sera marqué par le temps. C’est aussi travailler un peu son pitch, tout en restant naturel.

Ce n’est pas toujours évident et on se rend compte qu’on ne se présente jamais vraiment de la même manière. Le Why, c’était se montrer vraiment. Enfin ce n’était pas vraiment un pitch. Je leur demandais de ne pas dire ce qu’ils faisaient, de ne le révéler qu’à la fin. En une demi-heure, on allait droit au but, dans quelque chose d’intime.

Comment souhaitez-vous faire évoluer votre projet ?

Alors j’ai fait le Why un an plus tard parce que je me suis dit : mais que sont-ils devenus, comment ils sont traversé tout ça, est-ce qu’ils ont dû réorienter leur « pourquoi », leur activité…. ? Je ne sais pas si un jour je ferai une chronique, je suis ce fil-là, mais j’ai envie de faire connaitre la page et que les entrepreneurs qui se sentent concernés par cette question de l’optimisme et de la résilience nous rejoignent et soient dans le partage, dans cette vision-là.

Par exemple, au mois de septembre, j’ai fait venir Malek Boukerchi, un ultra-marathonien qui est vraiment porteur de messages philosophiques. Et on a fait une grande conférence sur « Savoir avancer en incertitude ». C’est ce type de projets qui auront peut-être lieu.

Prochainement, je vais organiser un week-end pour les entrepreneurs, en pleine nature, pour les sortir un peu de leur zone de confort et pour réfléchir aussi à comment ils peuvent prendre soin d’eux et de leur entreprise, pour vraiment prendre du recul.

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