Grève nationale : Les enseignants ne décolèrent pas et réclament plus de moyens

Le 4 novembre, le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer se félicitait du développement de l’enseignement à distance pendant le confinement grâce au numérique, une étape-clé du « Grenelle de l’éducation », projet de réflexion sur l’amélioration des conditions des professeurs. Tout est question de point de vue visiblement puisque les syndicats ont lancé un appel à la grève générale aujourd’hui le 10 novembre 2020.

A Sens, une cinquantaine d’enseignants ont bravé la pluie et le confinement ce matin pour exprimer leur colère devant la sous-préfecture. Une indignation à laquelle le gouvernement semble rester sourd. Déjà pris en étau entre des exigences de performance et de bienveillance, soumis à un manque de formation et en sous-effectif avant la crise sanitaire, le corps enseignant continue d’afficher une souffrance qui ne risque pas de se dissiper.

« Le constat est sans appel : aucune mesure n’a été prise par le ministre pour protéger le personnel. Au contraire, Blanquer continue de se cacher derrière son protocole inapplicable et de faire porter sur le personnel la responsabilité de son impossible mise en œuvre ».

Jérôme Thiriet, professeur des école et membre du SNUDI-FO 89

Le manque d’effectifs et de moyens plonge les professionnels de l’éducation nationale dans un désarroi total. Certains d’entre eux sont même à la limite du burn-out selon une manifestante professeure de Français dans un collège sénonais, dépitée par la situation. « Les enseignants sont en danger, les élèves sont en danger ».

La profession prend en plus de plein fouet la mauvaise gestion de l’épidémie avérée du gouvernement français, dixit un rapport de la mission d’évaluation de la gestion de la crise du coronavirus, mandatée par Emmanuel Macron lui-même. Un manque de communication notoire et de pertinence des mesures mises en œuvre ne fait plus aucun doute lorsqu’on entend un professeur affirmer avoir pris connaissance des horaires de la rentrée post vacances de la Toussaint la veille et uniquement par voie de presse.

« Il n’y a eu aucun effort de fait sur le recrutement »

Le sous-effectif d’enseignants et une hausse constante du nombre d’élèves porte souvent à une trentaine le nombre d’élèves par classe. « Là on est en tension au niveau des remplaçants » explique Jérôme Thiriet, professeur des école et membre du SNUDI-FO 89. Les syndicats exigent du gouvernement un recrutement immédiat de personnels en ayant recours aux listes complémentaires du concours de professeurs des écoles (CRPE), en les réabondant si nécessaire.

L’enseignant précise aussi que si le fait d’imposer des masques à des enfants de 6 ans semble aberrant, que le gouvernement ne les fournisse pas l’est tout autant. « On estime que l’école, elle est gratuite, elle est républicaine et elle est pour tous ! ». Cette non-assistance de l’Etat force les collectivités à gérer cet aspect matériel très coûteux de cette crise sanitaire.

Jérôme Thiriet demande en outre « l’arrêt de la répression envers les lycéens » qui exigent depuis plusieurs jours un renforcement des mesures sanitaires dans les établissements scolaires. A Pau, le gouvernement avait répondu par « une pluie de grenades lacrymogènes et plusieurs lycéens arrêtés » selon le site d’informations Révolution Permanente. Idem dans plusieurs autres villes comme Paris, Lyon ou encore Saint-Nazaire.

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