Flashmob : les Sénonais exigent aussi la réouverture des lieux culturels

Pourquoi les gens se mettent-ils à danser dans la rue en pleine crise sanitaire ? Si l’idée peut sembler saugrenue, voire en offusquer plus d’un en proie à la peur du virus depuis plus d’un an, elle est parfaitement naturelle. Les liens sociaux, l’art, la culture, le partage constitue un socle absolu de l’existence de l’espèce humaine. Plus que sa raison d’être, ces interactions sont essentielles à sa survie.

Ces liens sociaux façonnent la qualité de vie des gens, leur santé mentale, leur capacité à raisonner ou encore à mémoriser, et même à guérir de maladies contagieuses ou non, comme le démontrent de nombreuses études menées par les chercheurs français, finlandais ou encore américains depuis plusieurs années. Autrement dit, les mesures gouvernementales de lutte anti-Covid sont non seulement liberticides (et dénoncées par les organismes de défense des Droits de l’Homme) mais elle favorisent aussi un isolement propice au développement ou à l’aggravation de pathologies physiques et psychologiques. Un non-sens dans un contexte d’épidémie.

Privée de ces interactions depuis des mois, la population artistique, mise sur le banc de touche au même titre que les patrons de bar et restaurants, a décidé de réagir avec vigueur. Depuis plusieurs semaines, s’organisent des flashmob dans des lieux publics afin d’exiger la réouverture des lieux culturels et contre les mesures sanitaires. En mars à la gare du Nord, en avril, gare de l’Est, ces initiatives ont éclos un peu partout en France. Les gens se sont remis à chanter et danser, se réappropriant l’espace public dans la joie et la bonne humeur. Un moment d’émotion très intense que tous partagent sur le titre « Danser encore » de l’artiste de Roubaix, Kaddour Hadadi alias HK.

De plus, alors que les mesures de lutte contre l’épidémie de SRAS CoV-2 s’assouplissent chez nos voisins : l’Espagne a rouvert ses cinémas, musées et théâtres ; l’Allemagne, particulièrement la Sarre, déconfine peu à peu ses lieux sportifs et de divertissement, la France fait un peu exception. Le durcissement régulier de ces règles dans l’Hexagone semble même, pour beaucoup, traduire une volonté, de plus en plus prégnante, de contrôle de la population et son maintien dans la peur et l’ignorance. Un sentiment par ailleurs accentué par des réformes à venir telles que la très controversée loi de Sécurité Globale, en passe d’être promulguée.

Cette opinion est partagée par de nombreux Sénonais qui ont répondu à cet appel national pour la réouverture des lieux culturels et pour lutter contre les mesures sanitaires le 18 avril 2021. Une cinquantaine de personnes s’est émue de se retrouver enfin en un même lieu après des mois d’obéissance à des règles telles que « Restez chez vous » ou encore une distanciation sociale aliénante. Et tout ça sur un air de musique empli de joie et d’espoir. D’ailleurs, rendez-vous est pris chaque samedi Place de la République.

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