Confinement : La France sait-elle ce qu’elle fait ?

Vus la pénurie de masques de protection, de tests de dépistage et le manque de décisions logiques depuis le début de l’épidémie, on est en droit de se demander si le gouvernement avait réellement un plan de crise en cas de pandémie. Un comble lorsque l’on sait que la France ne traverse pas sa première épidémie. Certaines d’entre elles ont même été bien plus meurtrières, dont la grippe en 1969 qui avait occasionné dans les 30.000 morts.

Dessin de Christophe Peschet, prêtre du diocèse de Séez (Orne)

Même les mesures de déconfinement, prévu à partir du 11 mai, manquent de clarté. Les représentants de l’Etat se sont exprimés tour à tour pour affirmer, au final et à la limite du bégaiement, que le déconfinement sera très progressif, sans donner les détails de cette étape pour le moment. De toute évidence, nos dirigeants ne savent absolument pas comment va se dérouler le déconfinement.

On pourrait expliquer l’aspect nébuleux de leur discours par la distance qui nous sépare de la fin du confinement. Mais ce qui est certain, c’est que le déconfinement français ne peut que s’annoncer plus incertain qu’en Allemagne qui, au contraire délivre un message clair. Les commerces de moins de 800 m² commencent d’ailleurs à rouvrir, sauf lieux culturels et bars en raison d’une situation encore trop fragile.

Tests de dépistage : la France se fait moucher par l’Allemagne

La différence de stratégies adoptées par les deux pays depuis le début de l’épidémie est flagrante. L’Allemagne effectue entre 300.000 et 500.000 tests de dépistage par semaine alors que la France n’en fait que 140.000 par semaine. Notre gouvernement estime même que le dépistage des personnes ne présentant pas de symptôme est inutile.

Alors que les spécialistes ne cessent de répéter qu’une bonne partie des personnes infectées, estimée jusque-là à 30%, est asymptomatique. Sans un dépistage exhaustif, le virus pourrait bien repartir de plus belle et anéantir les efforts de chacun.

Les Français sont-ils vraiment irresponsables ?

L’autre grande différence dans la gestion de la crise sanitaire par l’Allemagne réside dans les règles de confinement.

Les Allemands sont soumis à des restrictions telle qu’une distanciation de 1,5 mètre dont le non-respect peut donner lieu à une amende allant jusqu’à 500 euros. Mais ils ne sont pas confinés comme en France et donc libres de circuler sans attestation et sans être contrôlés.

En effet, les dirigeants allemands comptent sur la responsabilité et le sens civique de chacun.
En France, les mesures sont plus infantilisantes. Est-ce à cause de sa réputation de boute-en-train indiscipliné ? Certains mettent en avant son tempérament dit « latin ».

Les économistes Jacques Rodriguez et Jean-Michel Wachsberger parlaient, en 2009, d’un modèle social français ancré depuis 1945, constitué d’un « mélange d’étatisme et de corporatisme », les deux se nourrissant mutuellement. Plus les autorités interviennent massivement et de manière rigide, plus les Français se rebellent. Et vice versa. En somme, les deux se cherchent inlassablement des poux.

Quoi qu’il en soit, la confiance que le gouvernement allemand a placé en ses citoyens ainsi que les mesures prises depuis le début de l’épidémie semblent payer puisque l’Allemagne enregistre aujourd’hui quatre fois moins de décès que la France.

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