« Comment rester écolo sans finir dépressif » ?

Jovienne d’adoption et journaliste à Libération pendant 15 ans, Laure Noualhat contribue aujourd’hui à la revue Yggdrasil et au mensuel Siné.

L’auteure aime partager sa vision du monde en tant que chroniqueuse ou réalisatrice. Elle est l’auteure de nombreux reportages tels que La guerre du climat, diffusé sur France 5 en 2015, ou encore du road movie intitulé Après Demain, réalisé aux côtés de Cyril Dion en 2018.
Laure Noualhat fait aussi sensation sur sa chaîne Youtube sous le nom de Bridget Kyoto. Réalisme et humour caustique sont au rendez-vous.

« Tomber dans l’écologie, ça fait un peu mal, mal à l’âme »

Son livre « Comment rester écolo sans finir dépressif », paru le 28 mai aux éditions Tana, retrace son parcours dans les méandres de l’écologie. C’est en effet au ter-me de nombreuses investigations, parfois douloureuses, que cette passion est née. L’écrivaine s’est heurtée à l’univers de l’écologie qu’elle qualifie de « royaume des mauvaises nouvelles ».

« L’écologie, c’est un peu le deuil du 20ème siècle »

Laure Noualhat compare le chemin vers l’acceptation d’une rupture avec les habitudes néfastes inhérentes au 20ème siècle à un deuil. Pour elle, les plus déterminés traversent exactement les mêmes étapes telles que définies par Elisabeth Kübler-Ross, psychiatre et psychologue américaine, pionnière de l’approche des soins palliatifs pour les personnes en fin de vie et de l’accompagnement aux mourants. Ce sont des phases que l’on peut traverser collectivement pour mieux supporter cette « éco-anxiété », la définir puis en sortir.

Laure Noualhat s’est intéressée de près aux émotions que l’on peut ressentir en travaillant sur les questions environnementales en s’inspirant de divers parcours dont le sien. Un aspect important dans cette phase de changement qui implique une transformation intérieure. « On parle beaucoup, en écologie de transition énergétique, de transition matérielle. Mais on ne parle jamais de la transition psychique ».

« On entre dans une zone de grande incertitude »

L’ouvrage de Laure Noualhat concerne, selon elle, davantage les gens déjà sensibles aux questions environne-mentales. Les anti-écolos ou les gens peu intéressés par la question n’y trouveraient pas forcément leur compte.

Pourtant, elle estime que les preuves du déclin environnemental sont là. « Les experts du GIEC nous disent qu’on va vers des augmentations de température d’ici la fin du siècle de 5 à 7°c ». Les sociétés humaines ont bénéficié d’un climat idéal pour se développer pendant des dizaines de milliers d’années. « Le climat a basculé en deux siècles. On ne sait pas du tout si on sera capable de s’adapter, si les végétaux seront capables de s’adapter, si les cultures pourront fonctionner et nourrir les hommes… », ajoute-t-elle.

« On est toutes des survivantes d’un féminicide gigantesque »

Ecoféministe dans l’âme, Laure Noualhat s’indigne du sort funeste réservé aux femmes lorsque la chasse aux sorcières faisait rage du fait qu’elles étaient détentrices d’un savoir prodigieux concernant la nature. « Je m’inscris dans la lignée de ces femmes-là », grandes protectrices de la vie humaine. La démarche de Laure Noualhat est une continuation logique des actions des femmes qui ont œuvré en faveur de l’environnement, une sorte d’hommage à leur sagesse et un combat actuel nécessaire.

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