Accueil > Témoignages : la détresse de salariées exerçant dans le domaine de la santé et soumises à l’obligation vaccinale

Société

Témoignages : la détresse de salariées exerçant dans le domaine de la santé et soumises à l’obligation vaccinale

Publié le 11 septembre 2021

Quatre salariées exerçant dans des établissements dédiés à la santé, Véronique, agent d’entretien depuis 20 ans dans un établissement médical privé, Séverine, aide-soignante à domicile, Nadège, auxiliaire de puériculture, et Vanessa, chauffeur de taxi spécialisée en transport médical, ont accepté de se livrer. Toutes, désespérées et en colère, témoignent d’une expérience très éprouvante depuis la mise en place du Pass sanitaire et de l’obligation vaccinale, au point de verser des larmes.

Responsable, depuis près de deux ans, d’une économie en péril, de vies bouleversées, de dépressions, d’amitiés rompues, de familles déchirées, de vocations brisées, le gouvernement est même allé jusqu’à entailler le droit du travail.

Alors que la France est classée 73ème sur 98 au classement des pays (le gouvernement a largement démontré son incompétence en termes de gestion de crise sanitaire), nos dirigeants se sentent tout de même légitimes pour imposer cette nouvelle politique via un autoritarisme malaisant mais totalement assumé, et avec l’aval de millions de Français.

Qu’à cela ne tienne, certains employeurs appliquent même les nouvelles directives bien avant l’heure avec la fougue d’un jeune premier dont les dents rayent le parquet. Certains dirigeants semblent désormais obnubilés par la capacité de leurs employés à présenter un schéma vaccinal, et peu ou pas préoccupés par leurs conditions de travail.

Depuis l’annonce de l’obligation vaccinale dans certains secteurs, une détresse morale se fait sentir chez beaucoup de Sénonais qui subissent une lourde pression sociale, familiale et professionnelle, travaillant notamment dans le secteur de la santé. Pour eux, la situation est juste insupportable.

Bon nombre d’entre eux ont cédé à la vaccination, la mort dans l’âme, afin de conserver leur emploi. D’autres pensent changer de métier, à contre-cœur.

Véronique, agent d’entretien

Véronique en a fait les frais à son retour de vacances, le jeudi 5 août. Dès le vendredi 6 août, son employeur transmet les nouvelles règles à tous les salariés via l’application WhatsApp. Le message précise aussi que les salariés doivent disposer d’un Pass sanitaire ou d’un test négatif dès le 9 août.

Paniquée, Véronique est rassurée par sa chef qui affirme que le Pass sanitaire n’est exigible qu’à partir du 15 septembre, comme confirmé par la suite dans une note de service du 12 août. Pour ce qui est du test, elle reprenait son activité le lundi 9 août. Elle n’avait donc pas le temps d’obtenir un rendez-vous et encore moins un résultat de test PCR ou antigénique. Mais c’était sans compter sur le zèle de la responsable des Ressources humaines qui la convoque dans son bureau dès sa reprise.

« Tu n’as rien à faire là normalement » lui lance sèchement cette responsable de service qui exige un justificatif de test, la menaçant de suspendre son contrat si elle ne le présente pas dès le vendredi. « J’ai pleuré une demi-heure dans le bureau… j’ai essayé de me justifier », en vain, « elle ne voulait rien savoir ».

Effondrée, Véronique ne se sent pas apte au travail le jeudi. Pourtant, elle aime son travail et elle est fidèle au poste chaque jour depuis 20 ans. Et comme le prévoit la règlementation, elle prévient ses collègues qu’elle sera absente et demande à la RH une journée de récupération. Requête que la responsable lui refuse catégoriquement, estimant qu’il s’agit d’une journée injustifiée. Véronique vit encore plus mal la situation.

Malgré tout, la salariée effectue actuellement un test toutes les 72h, comme le spécifie le texte de loi, une démarche qu’elle trouve d’ailleurs bien plus sûre que la vaccination. Elle ne comprend pas pourquoi les employés vaccinés n’ont pas cette obligation sachant qu’il existe un risque, même infime si l’on en croit les autorités, qu’ils soient infectés par le virus.

Dans tous les cas, Véronique se dit prête à postuler ailleurs si elle y était contrainte.

Séverine, aide-soignante à domicile

« On nous empêche de faire notre métier ! » s’indigne Séverine qui est également opposée au Pass sanitaire et à la vaccination obligatoire, les jugeant discriminatoires et comme une atteinte au secret médical. Mais ce qui la choque particulièrement c’est la possibilité pour les employeurs de suspendre contrat et salaire.

Souffrant d’une maladie professionnelle chronique, Séverine n’a pas hésité à se mettre en arrêt maladie en guise de contestation. Mais pour trois semaines uniquement sur décision du médecin, sans doute suite aux dernières consignes du gouvernement. Harcelée par ses collègues, l’aide-soignante n’a pas non plus franchement hâte d’être confrontée à la directrice, plutôt pro vaccination obligatoire. Elle reçoit néanmoins le soutien de sa chef, coordinatrice des soins.

Séverine ne compte pas se faire vacciner. Elle se sent acculée et n’entrevoit aucune autre solution pour le moment. Cependant, alors qu’elle est très attachée à sa profession, elle serait prête à en changer si elle y était obligée. « Je suis même allée voir des places en boulangerie il y a quinze jours » raconte l’aide-soignante, puisque c’est là qu’elle a fait ses premiers pas dans la vie active.

Nadège, auxiliaire de puériculture

Nadège a très mal vécu l’instauration du Pass sanitaire qu’elle perçoit « comme du flicage ». A son retour de vacances, elle s’est trouvé face à un dispositif digne d’un contrôle anti-terroriste. « C’est du secret médical. L’employeur n’a pas à le savoir ». De plus, tous les salariés ont accès aux informations médicales de leurs collègues, car exposées à la vue de tous.

Elle n’accepte pas non plus que sa hiérarchie ait chargé la médecine de travail de récolter le schéma vaccinal de tous les employés. « Si la DRH veut savoir quelque chose sur un agent, elle lui demande directement ».

Sur son lieu de travail, elle ne peut pas s’exprimer librement sous peine de fortes réprimandes. Elle se sent également offensée, estimant bien connaitre son métier, surtout pour ce qui est des mesures d’hygiène. « Pour les soignants qui ne veulent pas se faire vacciner… il [Olivier Véran, ndlr] nous fait vraiment passer pour des irresponsables, pour des meurtriers ! ».

Nadège qui, malgré son rejet de la vaccination, avait effectué à regret une première injection avant son départ en vacances et une seconde à son retour, afin ne pas se sentir mise au pied du mur car elle déjà confrontée à d’autres problèmes personnels et surtout, pour ne pas perdre son salaire. « J’en ai pleuré… » confie-t-elle. Depuis, elle vit dans la peur d’un potentiel effet indésirable grave que pourrait causer le vaccin. Elle estime qu’« on n’a pas assez de recul… ».

Vanessa, chauffeur de taxi spécialisée en transport médical

Pour Vanessa, la situation est un peu différente. Son patron n’est autre que son père, à la tête d’une société de taxis conventionnés, transport sanitaire au même titre qu’une VSL ou une ambulance. Vanessa est à l’heure actuelle la seule employée à pouvoir assurer ce type de prise en charge et son départ priverait son père de plusieurs gros marchés.

Les menaces fusent de part et d’autre. « On a reçu des menaces de la Sécurité Sociale comme quoi si je n’étais pas vaccinée à partir du 15, ils nous retiraient notre agrément ou alors de ne plus payer mon père pour tous les transports que je ferais ». La Fédération Nationale des Artisans du Taxi les a également informés, via une circulaire, que « le fait pour un salarié de ne plus pouvoir exercer pendant une période de plus de deux mois justifiera son licenciement ».

La jeune femme culpabilise de devoir abandonner son métier et surtout son père, qui reste néanmoins très compréhensif face à son refus de se faire vacciner et son opposition au Pass sanitaire. Et pour cause, il était lui aussi contre, mais il s’est finalement soumis aux deux injections afin de conserver son travail et ses loisirs.

Mère célibataire, Vanessa sera obligée de trouver un nouvel emploi si la situation n’évolue pas rapidement vers une suppression du Pass sanitaire. Elle refuse catégoriquement de céder au chantage du gouvernement.

Un message, un commentaire ?

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Dernières news

Le cinéma allemand fait son grand retour à Sens

L’Association Franco-Allemande de Sens (AFA) a... [Lire la suite]