9ème siècle : Les Sénonais font battre les Vikings en retraite

En 886, les guerriers vikings, qui fondent leurs espoirs de survie et d’enrichissement sur des assauts et pillages d’autres territoires, assiègent la ville de Sens. Mais peut-être les Sénonais avaient-ils soigneusement préservé la hargne de leurs glorieux ancêtres les Sénons car ils parvinrent à résister à ces hommes venus du Nord en dépit d’un siège long de six mois.

Photo extraite de la série Vikings

Publié le 11 mars 2022

Au 9ème siècle, les Normands poursuivent leurs assauts et pillages en Francie occidentale, se frayant un chemin par les fleuves. Fin novembre 885, 700 navires vikings et pas moins de 30.000 guerriers attaquent Paris. Ce siège se solde par des négociations entre le chef des Vikings Siegfried et l’empereur Charles III, dit Charles-le-Gros, qui leur promet de payer une belle rançon de 700 livres d’argent en échange de la libération de Paris et leur sert la Bourgogne sur un plateau.

A la fin du mois de novembre 886, les Normands descendent la rivière d’Yonne jusqu’à Sens, cité fortifiée qui s’avèrera imprenable malgré six mois de siège. Si la tentative d’invasion de Sens par les Normands est très peu documentée selon les historiens, des ouvrages sont parvenus à naitre malgré tout, reconstituant le puzzle de cette épopée normande aux portes de la ville.

Dans son livre Recherches historiques et anecdotiques sur la ville de Sens, Théodore Tarbé raconte que les Normands attaquent d’abord l’abbaye de Saint-Rémy située alors à Vareilles. Les religieux se réfugient alors à Sens, dans leur hôtel situé rue des Trois-Rois (rue du Général Allix), et y déposent leurs reliques et leur trésor. « Du haut de leurs murs, les Sénonais virent dans ce triste incendie ce qu’on préparait à leur ville si leur courage ne suppléait à l’infériorité du monde » relate l’historien.

Puis lesdits Vikings entourent la cité et lancent plusieurs assauts à coups de flèches et de pierres, restés infructueux. « L’inutilité des attaques redoublait la fureur des assaillants et la confiance des assiégés », poursuit Théodore Tarbé. Ils se retirent ensuite en haut de la tour du monastère de Saint-Gervais, près de la porte Notre-Dame à l’extrémité de l’actuelle rue Thénard, depuis laquelle ils ont une vue imprenable sur la ville.

« Mais désespérant de forcer des hommes si braves et si déterminés, il se virent obligés de lever honteusement le siège. Ces barbares, en se retirant crurent devoir venger la honte de leur défaite par un dernier trait de fureur ; ils rasèrent les monastères de Notre-Dame et de Saint-Gervais » ne laissant que la tour. Les Sénonais s’empressèrent de détruire cette dernière afin de ne pas laisser aux Normands une autre occasion de les attaquer.

La cité de Sens eut raison des Vikings par leur courage et à l’usure, non par l’achat de leur liberté par l’Evêque Evrard comme l’affirment certains sur la toile. Une vérité défendue par le Comité des travaux historiques et scientifiques de la Sorbonne en 1866 après étude minutieuse des faits relatés par les chroniqueurs. Le moine Clarius dit : « Les forces de l’ennemi furent brisées, son impétuosité arrêtée, sa confiance affaiblie ; les barbares comprirent qu’ils attaquaient en vain ceux que défendait la protection divine ; ils abandonnèrent au mois de mai le siège de la ville ».

Un message, un commentaire ?

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.