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Politique

Port du masque obligatoire dans certaines rues de Sens, une absurdité ?

Publié le 7 décembre 2021

Un nouvel arrêté préfectoral du 1er décembre impose le port du masque à l’extérieur dans certaines rues à forte affluence du centre-ville de Sens et d’Auxerre, jusqu’au 15 décembre 2021 inclus. Est-ce une décision pertinente ?

Nos dirigeants avaient annoncé que le vaccin garantirait un retour à la normale. Mais aujourd’hui, alors que 74,2% de la population icaunaise est vaccinée et que l’activité hospitalière s’est quelque peu calmée, nous en sommes toujours au même point en termes de restrictions.

A Sens, « toute personne de onze ans et plus est tenue de porter un masque de protection » rue de la République, rue du Plat d’Etain, rue Voltaire, rue Gambetta, Place de la République, rue Étienne Mimard et Grande Rue.

La Préfecture de l’Yonne estime de nouveau que « le risque de transmission du virus est accru dans les endroits de regroupement et les zones à forte densité de population ». Mais est-ce bien le cas ?

Est-il judicieux d’utiliser le taux d’incidence comme indicateur ?

Cette décision se base sur les données fournies par l’Agence Régionale de Santé qui indique que le taux d’incidence était de 159,9 pour 100.000 habitants sur 7 jours glissants au 30 novembre 2021 (de 47 pour 100.000 habitants sur cette journée). Mais ce chiffre est loin des pics observés l’année dernière. Il est 1,3 fois moins élevé qu’au 30 novembre 2020 qui affichait un taux de 216,8 pour 100000 habitants.

Cette donnée est-elle réellement exploitable ?

Rappelons qu’en France le nombre de cycles d’amplification du virus est poussé à 40, selon les laboratoires, au lieu de 30 recommandé par la plupart des experts. C’est-à-dire que le virus va être reproduit autant de fois. Ce qui permettra de détecter le moindre brin d’ADN.

A savoir que plus ce nombre de cycles est élevé, plus la charge virale (niveau de contagion) est faible. Cette solution a aussi ses limites puisqu’elle peut générer ce qu’on appelle des faux positifs.

Mais surtout, tous ces cas infectés ne doivent pas être logés à la même enseigne. Ce chiffre, rapporté à l’état brut par le gouvernement, ne signifie pas grand-chose en réalité sans distinction entre les personnes symptomatiques, asymptomatiques, les cas contagieux ou pas, etc.

Beaucoup de ces cas sont immunisés naturellement, notamment par une production d’anticorps suite à une infection. Il existe, de plus, une méthode développée en août 2021 qui permet d’identifier les sujets contagieux et ceux à risque de développer une forme grave. Couplée aux tests sérologiques, elle permettrait de mener une politique sanitaire plus ciblée et bien plus efficace.

Une activité hospitalière peu impactée ?

On ne sait pas comment vont évoluer les chiffres jusqu’en janvier. Mais il est clair qu’à ce jour, le département de l’Yonne ne semble pas soumis à la même pression épidémique qu’en 2020.

Le nombre d’hospitalisations a drastiquement chuté dès le début du mois de juin 2021. Le 6 décembre 2021, on en comptait 84 patients dont 12 en réanimation. Soit quasiment 3 fois moins que le 6 décembre 2020 où le nombre de patients s’élevait à 226 (dont 17 en réanimation).

Le nombre de retours à domicile en 2021 est lui aussi clément, de 1561, soit une augmentation de 48% comparé à 2020. En revanche, le nombre de décès de 2021 est plus élevé qu’en 2020 avec une hausse d’environ 38%.

Mais ne serait-ce pas tout simplement la conséquence de l’envolée du nombre d’hospitalisations dès le mois d’octobre 2020 avec un point culminant de 255 patients le 9 avril 2021 ? Cette forte augmentation du nombre de patients est logiquement traduite les mois suivants soit par une hausse des guérisons, des décès, ou par une hospitalisation prolongée de ceux qui demeurent malades.

Le masque en extérieur est-il réellement utile ?

Les autorités locales semblent penser que croiser simplement ses concitoyens dans la rue peut être source de contamination. A l’heure où le virus circule beaucoup moins, avec un R0 de 1,3 au lieu de 3 au début de l’épidémie, le port du masque en extérieur parait plus relever d’une décision politique que sanitaire.

De plus, c’est vraiment nier toute la littérature scientifique qui indique, au contraire, que l’extérieur est bien plus sûr que les lieux clos. En mars 2021, le COMCOR, étude des facteurs sociodémographiques, comportements et pratiques associés à l’infection par le virus de l’Institut Pasteur, concluait après analyse de 10.000 cas que 5% des cas d’infection découlent d’un contact à l’extérieur.

A la même époque, l’étude de 232.000 cas avait permis au service de santé irlandais HPSC de conclure que seulement 0,1% des contaminations peuvent se produire en plein air.

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Commentaires

  • Le masque n’est efficace que si on le change toutes les 4 heures et si on se lave les mains avant de le toucher. Ne palons pas de ceux qui le tripotent constamment ! Mais le virus se dégrade en 2-3 jours. Un conseil. Prenez 14 masques, marquez les... LUm et LUs pour lundi matin et lundi soir, MAm et MAs, etc, soit deux pour chaque jour de la semaine. Stokez-les pendus à l’abri. Deux avantages Inutile d’en acheter d’autres, et moins de pollution. La mer en regorge déjà !