Politique

Patrick Gendraud se dit favorable à un retour aux 90 km/h

Publié le 28 février 2022

Pour Patrick Gendraud, président du Conseil départemental de l’Yonne, le passage à 80 km/h sur les routes icaunaises ne faisait pas partie des mesures prioritaires. Pour l’heure, il souhaite vivement un retour aux 90 km/h, même s’il ne concernera que 10% des routes départementales. Le dossier est toujours en cours.

Le président du Conseil départemental de l’Yonne considère le passage des routes secondaires à 80 km/h comme « une erreur ». Il estime même que le sujet n’était pas prioritaire, comparé au pouvoir d’achat ou au prix du carburant « qui a atteint des records ». Mais ce qui motive surtout son opposition, c’est que la vitesse n’est pas la principale cause des accidents routiers mortels.

En effet, le non-respect des règles l’emporte haut-la-main de 2016 à 2021, suivi de l’alcoolémie, de la perte de contrôle du véhicule et de la vitesse. On constate une baisse significative du nombre d’accidents corporels mortels en 2020, sans doute due à une forte baisse du trafic routier pendant les confinements. En 2021, la courbe repart à la hausse avec plus de 20% d’accidents mortels dus au non-respect des règles et à un fort taux d’alcoolémie, contre 13% dus à la vitesse.

Aujourd’hui les collectivités territoriales se voient autorisées à remettre en place le 90 km/h. « Je vais vous refiler bébé avec les emmerdes qui vont avec ». Edouard Philippe se serait exprimé en ces termes lors d’un échange avec Patrick Gendraud. Comme quoi les membres du gouvernement affectionnent particulièrement un certain langage scatophile.

Les Français vont continuer d’évoluer dans un capharnaüm routier d’une hétérogénéité sans précédent en termes de limites de vitesse. L’article 36 de la loi du 24 décembre 2019 autorise les responsables des départements à fixer « une vitesse maximale autorisée supérieure de 10 km/h à celle prévue par le code de la route » suite à la contestation de nombreux élus et parlementaires. Dans l’Yonne, seuls 10% du réseau sont concernés, soit environ 500 km sur 4.900 km de routes au total.

« Mais il est fou ce président. Comment se fait-il que sur la belle route qui va à Troyes, c’est une route nationale, on est toujours à 80 ? » s’amuse Patrick Gendraud en imaginant la façon de penser de ses administrés. Mais comme il le rappelle à juste titre : « c’est l’Etat qui décide ».

Cette initiative, dont le coût est estimé à 110.000 euros pour le département de l’Yonne, est effectivement soumise à des conditions très strictes. Elle doit viser uniquement certaines portions de routes à deux voies sans séparateur qui ne doivent pas comporter de transport en commun, traverser un hameau ou encore être empruntées par des engins agricoles sur plus de dix kilomètres.

Une majorité d’usagers s’était exprimée favorablement lors de l’enquête menée par le Conseil départemental de l’Yonne. Les conseillers devraient suivre le président. La décision finale reviendra au préfet de l’Yonne après avis de la Commission Départementale de la Sécurité Routière (CDSR) et sur la base d’une étude portant sur l’accidentalité des portions retenues. En tout cas, la mise en place des 90 km/h n’interviendrait pas avant septembre 2022.

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