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Société

"Non au Pass Sanitaire !" ont scandé de nombreux citoyens dans les rues de Sens

Publié le 1er août 2021

Des centaines de milliers de citoyens ont manifesté partout en France contre le Pass Sanitaire ce samedi 31 juillet 2021. A Sens, entre 150 et 200 personnes se sont mobilisées afin de dénoncer une mesure considérée comme excessive.

Près de 200 personnes ont exprimé leur colère contre le Pass Sanitaire ce samedi à Sens. Les manifestants ont débuté leur marche au pied de la fontaine, boulevard des Garibaldi, puis ont longé le quai Ernest Landry et remonté la Grande Rue jusqu’à la mairie. Les anti-Pass Sanitaire, et non les "antivax" comme aime à les appeler la presse nationale alors que bon nombre d’entre eux sont vaccinés, se lèvent donc contre ce système ultra autoritaire et surtout discriminatoire.

Le Pass Sanitaire, on en veut pas !

Le fait est que cette mesure continue de restreindre grandement les libertés des Français, en l’occurrence, d’aller et venir pour ceux qui font le choix de ne pas se faire vacciner. D’autant qu’Emmanuel Macron avait affirmé que le Pass Sanitaire ne serait jamais étendu aux lieux du quotidien des Français. Il a tout bonnement fait volteface en imposant ce laisser-passer pour accéder à de nombreux lieux rassemblant plus de 50 personnes (au lieu de 1.000 au départ).

Un autoritarisme qui ne passe pas

Au-delà d’infantiliser totalement les Français, le gouvernement va à l’encontre d’une tradition républicaine depuis près d’un an et demi : la liberté d’aller et venir, régie par l’article 4 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 et constitutionnalisée en juillet 1979. Un "temporaire" qui dure. S’installe en lieu et place d’un état de droit, un système autoritaire où règne la sanction contre quiconque ne se soumettrait pas à sa volonté.

Inspiré de l’état d’urgence institué par la loi de 1955, l’état d’urgence sanitaire, déclaré initialement en mars 2020, n’a cessé d’être prorogé. Et ce malgré l’avis défavorable de nombreuses instances telles que la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH) qui estimaient que le gouvernement disposait déjà des outils nécessaires pour lutter contre l’épidémie de SRAS CoV-2.

Depuis le mois de juin cet état d’urgence est relayé par un régime transitoire, en vigueur jusqu’au 31 décembre 2021, permettant de nouveau la mise en place de mesures portant atteinte à la liberté des Français telles que le Pass Sanitaire.

Une ségrégation sanitaire pour le bien de tous ?

Avec l’introduction du Pass Sanitaire, le gouvernement, censé poursuivre la lutte contre l’épidémie au nom de la santé publique, tyrannise, au contraire, et stigmatise toute une partie de la population. Non seulement cette initiative divise le pays mais il bafoue également le secret médical et marque au fer rouge le droit du travail par l’ajout d’un motif de licenciement en cas de refus de se faire vacciner et de présenter ce document.

Pour l’un des manifestants, la France n’avait rien connu de tel depuis les lois et décrets relatifs à l’exclusion des juifs instaurés entre 1940 et 1942 par le régime de Vichy. Bien que ce type de comparaison déchaine les passions sur les réseaux sociaux, notamment des pro Pass, force est de constater le caractère discriminatoire et liberticide du Pass Sanitaire.

Les anti Pass Sanitaire sont-ils de parfaits irresponsables ?

Une partie de la population elle-même se charge d’assauts répressifs contre les opposants au Pass Sanitaire, les taxant régulièrement d’irresponsables. Mais est-ce vraiment le cas ?

On se peut s’interroger sur la pertinence d’une défense des droits fondamentaux en temps de crise sanitaire. Cette idée semble totalement saugrenue aux yeux des partisans du Pass Sanitaire qui considèrent cette mesure comme la meilleure solution pour contrer le Covid-19. Alors qu’ils semblent prêts à sacrifier aveuglément les libertés individuelles ainsi qu’une partie de la population dite "réfractaire", les organismes de défense des Droits de l’Homme s’alarment. La LDH (Ligue des Droits de l’Homme) s’est montrée très explicite à ce propos en date du 22 juillet 2021 :

La lutte contre une pandémie est une nécessité qui n’implique ni déni du débat démocratique ni manifestations d’autoritarisme pas plus que le recours à la violence ou à une démagogie complotiste ou nauséabonde.

Le coup de force parlementaire auquel se livre le gouvernement présente tous les risques d’un système illisible, contradictoire et susceptible de provoquer plus de tensions que de bénéfices sanitaires alors qu’en même temps il porte lourdement atteinte aux libertés individuelles.

Deux jours plus tôt, la Défenseure des droits avait publié 10 points d’alerte sur l’extension du Pass Sanitaire, dont le premier porte sur une demande de débat démocratique public de fond. A l’instar de la CNIL, elle regrette "vivement le choix d’une procédure accélérée compte-tenu de l’ampleur des atteintes aux droits et libertés fondamentales prévues par ce projet de loi ainsi que du caractère inédit de certaines dispositions qu’il comporte".

La situation sanitaire de la France est-elle si catastrophique ?

Des chiffres alarmants sur la situation sanitaire de la France sont régulièrement véhiculés par les médias et les sites officiels du gouvernement, instiguant la peur, voire la panique dans les foyers. La stratégie de communication est toujours basée sur le taux de contamination avec un nombre de cas confirmés s’élevant à plus de 6 millions. Cependant, sur ce point, peut-être faut-il raison garder, considérant que la grippe touche chaque année 2 à 8 millions de personnes, comme le rappelle notamment l’INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale).

Le nombre d’hospitalisations sur l’ensemble du pays est aujourd’hui de 7.409 et le nombre de patients en réanimation de 1.099. Ces chiffres, très fluctuants d’une semaine à l’autre, ne serait pas pour autant le signe d’un désastre sanitaire confie le porte-parole des médecins urgentistes de France, Christophe Prudhomme au média indépendant QG.

"Nous avons un nombre de malade, certes, important. Les hôpitaux, oui, en Ile-de-France, sont sous tension parce que nous manquons de lits et que les stratégies proposées ne sont pas les bonnes, que rien n’a été fait pour ouvrir des lits depuis un an et que, de nouveau, plutôt que de faire venir du personnel de province pour augmenter le nombre de lits, on nous amuse avec des évacuations sanitaires, des TGV sanitaires. Enfin bref, c’est très médiatique."

Encore en 2019, le personnel hospitalier descendait dans la rue afin de dénoncer une crise de l’hôpital public. En 20 ans, 100.000 lits ont été fermés dont 21.000 entre 2013 et 2019, soit une baisse de 5,1% en six ans. Force Ouvrière a même rapporté la fermeture de 1.816 lits pendant la crise, entre le 1er janvier 2020 et le 1er juin 2021. S’ajoute un manque considérable de personnel qui renforce le sentiment de surcharge dans les hôpitaux. Alors que les malades auraient pu être accueillis sereinement.

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