La Ligue pour la Protection des Oiseaux vous dit tout sur le nourrissage

Publié le 27 novembre 2021

C’est le retour de l’hiver et des premiers froids. La LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux) est de plus en plus sollicitée par le grand public sur des questions concernant le nourrissage des oiseaux. Pour qui ne la connait pas encore, rappelons d’abord quelques-unes des missions de cette association de protection de l’environnement créée en 1912.

La protection de la faune, un vrai travail collaboratif

Les études, les inventaires et les contrôles de l’association, parfois en collaboration avec les pouvoirs publics locaux et les entreprises, lui permettent de tenir le « carnet de santé » de la faune du territoire.

La ligue gère de nombreux refuges, des lieux d’escale et de nourrissage des oiseaux, y compris dans le nord de l’Yonne. A ne pas confondre avec le CSOS (Centre de Sauvegarde des Oiseaux Sauvages) situé à Fontaine la Gaillarde qui, lui, assure les soins des animaux.

La CAGS (Communauté d’Agglomération du Grand Sénonais) possède trois refuges LPO : le parc des Champs Captants, le parc de la Ballastière et le parc des Lavandières, bénéficient d’un agrément depuis 2011. Le Moulin à Tan travaille également en étroite collaboration avec l’association depuis 2013.

L’entreprise CHAROT est un refuge LPO depuis l’année dernière. Un hôtel à insectes a été installé, ainsi qu’une douzaine de nichoirs. Elle pratique également la tonte différenciée, laissant l’herbe haute à certains endroits pour que les insectes se développent. La société a même creusé une première mare. Une seconde est en prévision.

Les agriculteurs collaborent aussi activement pour ce qui est des Busards, rapaces qui installent leurs nids dans les champs. « On essaie de poser des paniers de protections autour des nids, juste avant la moisson, de façon à gêner le moins possible les oiseaux » selon Sabine MONGEOT, chargée de missions et d’éducation à l’environnement et Coordinatrice territoriale Yonne au sein du LPO Bourgogne-Franche-Comté.

Le nourrissage des oiseaux : des règles essentielles à leur survie

Les oiseaux contribuent à l’équilibre de l’écosystème. Leur rôle est essentiel dans la chaine alimentaire. Certains sont insectivores, d’autres herbivores ou encore prédateurs d’autres oiseaux. Les espèces s’autorégulent. « Dans la nature, il n’y a jamais eu besoin de régulation » rappelle Sabine MONGEOT, « pour n’importe quelle espèce » d’ailleurs. « La nature n’a pas besoin d’être régulée si on lui laisse l’espace pour s’exprimer ».

Cependant, en hiver, le nourrissage permet de stabiliser les populations hivernantes mais surtout de maintenir les effectifs des espèces menacées. Comment s’y prendre sans mettre en péril la faune qui peuple le nord de l’Yonne ?

« Ne nourrir que pendant des périodes de froid prolongées »

Pour Sabine MONGEOT, c’est la première règle à respecter. Le nourrissage se pratique de la mi-novembre à fin mars, surtout lorsque la neige et le gel limitent l’accès à la nourriture. Nourrir les oiseaux en dehors de cette période risque de les empêcher de se nourrir par eux-mêmes. C’est aussi pour cette raison qu’il faut petit à petit diminuer la quantité de nourriture dès le Printemps.

« Il n’est pas conseillé de nourrir les oiseaux au printemps et en été car beaucoup d’entre eux deviennent insectivores à cette saison et cela peut créer une relation de dépendance vis-à-vis des jeunes oiseaux nés dans l’année, qui doivent apprendre à se nourrir par eux-mêmes » précise la LPO.

« Ne jamais stopper le nourrissage »

Une fois que l’on a débuté un nourrissage des oiseaux, il est de rigueur de le poursuivre jusqu’à la fin de l’hiver. Les en priver soudainement les oblige à trouver de nouvelles sources de nourriture et cette quête génère des dépenses énergétiques importantes.


La Sitelle Torchepot est plutôt insectivore au Printemps. En hiver, elle mange des graines, casse des noix et des noisettes.


Le Pinson du nord, surtout présent pendant les hivers froids. Plutôt granivore et insectivore au Printemps.


Le Moineau Friquet mange surtout des graines et nourrit ses jeunes avec des insectes


La mésange bleue mange des graines en ce moment. Au Printemps, elle varie son alimentation avec des insectes, pour elles et pour nourrir ses jeunes

« Placer les mangeoires hors de portée des chats, dans des endroits dégagés, loin des buissons et surtout en hauteur »

Le mieux est de déposer la nourriture dans un endroit à l’abri des intempéries et hors de portée des prédateurs tels que les chats. Il est également conseillé de multiplier les points d’approvisionnement, de les disperser et de les nettoyer régulièrement afin d’éviter la propagation de maladies.

« Les graines de tournesol conviennent à beaucoup d’espèces »

Chaque espèce d’oiseaux a des besoins spécifiques selon la taille et la forme de leur bec. Par exemple, le blé est plus adapté à des espèces comme les tourterelles, les moineaux. Le Millet est très apprécié par le Chardonneret. Les graines de tournesol noires, non grillées, non salées et de préférence issues de l’agriculture biologique conviennent à une grande majorité d’espèces. C’est pourquoi la LPO recommande de prévoir un mélange de graines (tournesol, millet, maïs, avoine…).

D’autres aliments conviennent comme des boules de graisse végétale non hydrogénées (mélangés ou non avec des graines). Sabine MONGEOT attire l’attention sur la nécessité de retirer le filet qui les entoure car les oiseaux peuvent rester prisonniers et mourir.

On peut également leur donner des fruits flétris (pommes, poires, …) ainsi que du saindoux, qui n’est pas déconseillé dans l’absolu. Quand on n’a rien du tout, ça peut donner un sérieux coup de main surtout en cas d’importantes gelées.

L’eau est également très importante en toutes saisons. « Une petite gamelle d’eau, dans l’idéal en hauteur même si ce n’est pas simple, en tout cas dans un endroit dégagé ».

Le pain, ce poison

Chaque année, miettes de pain, voire de gâteau, voguent sur les eaux du nord de l’Yonne (comme partout en France). Beaucoup de gens pensent faire preuve de bienveillance en nourrissant canards, cygnes et autres espèces de la faune locale. D’autres aiment les attirer pour assister à une belle parade, souvent pour le plus grand plaisir de leurs enfants ou petits-enfants.

Mais tous ont tort de croire que ce geste est bénin tant ces aliments sont un poison pour eux, notamment le sel et le sucre. Les produits transformés, de fabrication humaine sont à proscrire. « C’est toxique pour les poissons, c’est toxique pour les oiseaux. Ça peut causer des malformations chez les jeunes. C’est grave, on les empoisonne ». Ils les mangent mais « la plupart des animaux n’ont pas besoin de sel. Leur corps n’est pas habitué à les assimiler » rappelle Sabine MONGEOT.

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