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EDITO. La NUPES est en guerre, mais ne se tromperait-elle pas de combat de temps à autres ?

Publié le 30 mai 2022

Avec un taux d’abstention record de 51,30% au 1er tour et de 57,36% au second, une fois encore, on ne peut pas dire que les législatives aient passionné les Français en 2017. Nombreux sont ceux qui se sont posé la question : pourquoi les électeurs se mobilisent-ils si peu ? Alors, pour y remédier, les partis s’activent pour mobiliser les troupes de citoyens. Un seul mot d’ordre : l’abstentionnisme doit disparaitre. Dans leur analyse, les citoyens fuient les urnes car en mal de repères depuis le déclin d’une gauche totalement désunie. Face à leur échec cuisant aux présidentielles, les partis de gauche ont donc décidé de s’unir sous une même bannière : la NUPES (Nouvelle Union populaire écologique et sociale). Une construction politique historique qui ne manque pas d’éclat a priori.

Si seulement la disparition du clivage gauche/droite constituait à elle-seule une cause profonde de l’abstentionnisme. Serait-il saugrenu de penser qu’en réalité, rassembler les citoyens autour d’un projet politique commun apparait comme utopique dans une société marquée par l’individualisation ?

Sans compter que ni la droite ni la gauche, en alternance depuis plus de 40 ans, n’ont permis d’enrayer le chômage ou d’améliorer les conditions de vie des Français. Bien au contraire, la crise s’est encore plus aggravée et la question de la compétence des élus des partis traditionnels s’impose.

Toujours est-il que la NUPES manque cruellement de cohésion pour le moment. Le renouveau va jusqu’à l’improvisation d’une pré-campagne avec un affichage prématuré sur les panneaux et une communication massive sur Internet pour preuve de sa foi inébranlable en la machine démocratique, à l’instar de ses concurrents.

Mais surtout certains battent férocement la campagne, ne supportant aucune adversité susceptible de leur faire de l’ombre dans leur croisade antimacroniste, ou promélenchoniste, c’est au choix.

Du haut de leur vœu d’unification, un pied d’Estal à la gloire de la démocratie et de la liberté du peuple, des membres de la NUPES arbore, en coulisses, et discrètement sur les réseaux sociaux, un slogan tout autre que « l’Avenir en commun ». Une espèce d’« à tout prix » nupesien fait étrangement écho au slogan désormais bien connu d’un dirigeant toujours prompt à flatter son égo : le « quoi qu’il en coûte » macroniste.

Des militants de la NUPES brillent en effet depuis quelques semaines par leur agressivité à l’égard d’autres candidats aux législatives et par des tentatives d’intimidation, en public et en privé. Selon certains, l’un d’eux devrait « se retirer » tout bonnement de la course puisqu’il n’a aucune chance et que, paradoxalement, il pourrait ôter toute possibilité à la NUPES d’être majoritaire...

Doit-on penser que, désormais, les gros partis, vivent en absurdie, à la fois prônant une démocratie toute puissante et touchés par la grâce du principe monopolistique ? Même la presse icaunaise affiche ses favoris dans des encadrés en marge d’articles, au détriment d’autres candidats.

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