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Société

La lutte contre les violences faites aux femmes se poursuit avec le collectif "Nous Toutes du Sénonais"

Publié le 26 juillet 2021

Chaque année, plus de 200.000 femmes sont victimes de violences conjugales. Près de 1.200 d’entre elles ont péri sous les coups de leur conjoint depuis 2013. Si les pouvoirs publics en ont fait une priorité politique, surtout depuis la crise sanitaire, de nombreuses organisations œuvrent pour leur défense sur le terrain. Parmi elles figure le comité national "Nous Toutes", décliné au local par la création d’antennes. Le collectif "Nous Toutes du Sénonais" perpétue leurs actions depuis sa création en mars 2021.

"Il y avait un véritable besoin de se mobiliser sur le territoire".

Le nombre de signalements de violences faites aux femmes avait augmenté de 60% pendant le second confinement d’octobre à décembre 2020, soit 20 points de plus que pendant le premier. Un chiffre qui peut s’expliquer par une meilleure connaissance des dispositifs de prise en charge des victimes, dont la plateforme d’écoute nationale 3919, renforcés par le Grenelle des violences conjugales de 2019, mais également par une montée des tensions aggravées par la crise sociale et économique.

Se sentant très concernées par ce phénomène, à des niveaux différents, des citoyennes sénonaises ont décidé de se réunir sous le nom de "Nous Toutes du Sénonais" afin d’assurer, au niveau local, la mission de l’organisation nationale"Nous Toutes" née en 2018 : dénoncer les violences sexistes et sexuelles, lutter contre les violences faites aux femmes et aux enfants, notamment en orientant les victimes vers les bonnes structures, et sensibiliser la population "sur des sujets de société qui sont graves" et qui "devraient être beaucoup plus dans le débat public et un combat de l’Etat".

Composé d’une vingtaine de femmes de 19 à 75 ans, le collectif sénonais souhaite agir et communiquer le plus efficacement possible auprès du public. Dans cette optique, ces femmes ont rencontré plusieurs intervenants sociaux sénonais ainsi que l’association de prise en charge des victimes ADAVIRS, au printemps dernier. D’autant que "sur l’agglomération il y a déjà une vraie politique qui est menée" dans le cadre de la lutte contre les violences faites aux femmes". Elles ont également à cœur de suivre des formations et de participer à des débats afin s’armer au mieux.

"Sacs à pains", une opération pertinente pour un large public

"Nous Toutes du Sénonais" a de nombreux projets en tête dont une participation à la Marche des Femmes qui se tiendra en novembre 2021 ou encore une éventuelle intervention dans les établissements scolaires afin de toucher les plus jeunes. Pour l’heure, le collectif est concentré sur une opération originale : la distribution de sacs à pain comportant des messages de prévention des violences conjugales, avec au recto de l’emballage, un violentomètre.

L’initiative est née en novembre 2020 au sein de la mairie de Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis) qui a eu l’idée d’imprimer des messages de sensibilisation aux violences conjugales sur des sachets à pain et de les répartir dans les boulangeries de la ville. Très inspiré par ce dispositif, le comité national "Nous Toutes" avait décidé de généraliser l’opération. Environ 28.000 euros avaient pu être récoltés via une levée de fonds sur Leetchi et 615.000 sacs à pain ont été distribués partout en France par plus de 3.000 militants.

Début juillet, le collectif "Nous Toutes du Sénonais" avait distribué 800 sacs à pain dans 4 boulangeries sénonaises qui ont réservé "un très bon accueil" à l’initiative.

Une éventuelle collaboration avec la mairie de Sens

Désormais, "Nous Toutes du Sénonais" envisage un solide partenariat avec la mairie de Sens afin de pérenniser cette opération sur toute l’agglomération. Le 22 juillet 2021, le collectif a pu s’entretenir avec Ghislaine Pieux, adjointe chargée de la solidarité, de la santé, de la bienveillance citoyenne et sociale. "C’est un projet qui parait très pertinent et très intéressant" confie l’adjointe qui réaffirme son attachement et son engagement à l’égard des violences faites aux femmes et aux enfants. "Sur ce type d’actions, elles auront toujours mon soutien".

"Cette cause est très débattue" dans le nord de l’Yonne, territoire particulièrement touché comme le rappelle Ghislaine Pieux. "Il y a un énorme besoin d’accompagnement des victimes de violences". Sens est d’ailleurs une des rares villes disposant d’une assistante sociale au sein du commissariat. "On se bat chaque année pour avoir les financements". Elle considère aussi que ces collectifs, qui ne disposent pas des mêmes moyens qu’une association doivent être accompagnés par les territoires. L’essentiel est que "la parole soit portée".

Ghislaine Pieux pense, avec quelques réserves néanmoins, que personne ne s’opposera à ce projet de collaboration, qui ne se limiterait pas nécessairement à son financement. D’autant que la maire de Sens, Marie-Louise Fort, défend cette cause depuis longtemps, notamment pendant son mandat de députée. Mais "il n’y a rien de finalisé pour l’instant" tient à préciser l’adjointe qui doit demander l’accord de l’équipe. Il sera prochainement soumis au bureau municipal.

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